Le hasard a-t-il un sens ?

         Un jour, j'étais encore à l'école, un événement a marqué mon futur. J'étais devenu professeur de mathématiques.  J'enseignais aux classes de sixième et cinquième dans un lycée parisien. À cette époque, il était facile de commenter des histoires de chats et de chiens dans l'espace quand la presse parlait des essaies de Colomb-Béchar. J’essayais de satisfaire les curiosités de mes élèves chaque fois qu’une manchette de journal présentait un événement « spatial », mais un jour un premier homme fit un saut là-haut.

       Un élève de terminale faisait souvent le trajet vers le lycée avec moi. Il m'invita à participer à une réunion organisée par le Centre National d'Études Spatiales dans une MJC parisienne. Le thème correspondait à une proposition d'aider "les jeunes" à fabriquer des « fusées ».

       Depuis le vol de Gagarine, avec le bricolage de fusée à partir de matériel pyrotechnique, de nombreux accidents avaient eu lieu chez les adolescents. Le but était de créer un encadrement pour éviter les malheurs.

      À la fin de la réunion, je me suis retrouvé avec une vingtaine d’adolescents qui voulaient monter une association. Le plus jeune avait 14 ans, le plus vieux 23 ans, c'était moi. Qui plus est à l'époque la majorité était encore à 21 ans, j'étais le seul majeur qui pouvait être président. Je me suis facilement laissé convaincre, car deux techniciens  du CNES seraient désignés comme conseillers. 
                          L'AAA était née, Association de Amateurs d'Astronautique.

      Une année plus tard, je coordonnais une équipe de vingt passionnés sur un terrain militaire pour le lancement d'une fusée de 34 kg avec un propulseur fourni par le CNES. Les détails de cette histoire ne sont pas prévus dans ce récit. (Référence INA)
Les membres de l'association ont tout fait pour aller faire une visite à l'ambassade de Russie pour rencontrer Gagarine. Nous étions quatre ce jour-là. Je suis en photo avec lui.

      Deux ans plus tard, après deux tirs,  je déménageai de la capitale délaissant les amis et l'équipe. Celle-ci continua passionnément, réalisant plusieurs réalisations sur les terrains militaires. C'est à cette époque que j'ai découvert la céramique et j'ai appris le tournage. Mes progrès ont débouché sur la réalisation de ces fusées imaginaires qui ressemble aux épis de faîtage. Le satellite, que je présente ici, a eu son rôle éphémère de rêve pour une exposition.

      Avec cette parenthèse, je voulais simplement attirer l'attention sur l'influence des événements de cette époque. Par la suite, mon imagination avait trouvé dans les épis de faîtage une manière de visiter l'espace. Il y a même quelque temps, certaines réalisations de « sculptures plates » avaient les mêmes sources d'inspiration. Je les présentais souvent comme une vision de la terre depuis l'espace.

       Il y a des souvenirs qui marquent, car j'ai sollicité les services du CNES pour une rencontre éventuelle et une photo avec Thomas Pesquet, mais je n'ai jamais eu de réponse de mon courrier. Les images de la terre dans mes tableaux de faïence continuent mes rêveries.  Je garde  certainement une empreinte du jour j'ai rencontré ce premier voyageur .

Gérard Colin

BNF-INATHEQUE DE FRANCE, identifiant de la notice, CPF86651413, Alfred, l'espace et les copains, Seize millions de jeunes,13/06/1964